Comment se comprendre entre infographistes et webmasters ?
Publié le mercredi 20 juin 2007 dans Mon salon - lu 7271 fois
Il y a beaucoup de points communs entre la mise en page papier et la mise en page de sites web. Mais il y a aussi beaucoup de différences ne serait-ce que sur le mode de fonctionnement des acteurs responsables de ces mises en forme. D'un côté les graphistes ou maquettistes qui travaillent habituellement pour le papier, de l'autre, les webmasters ou webdesigners qui travaillent toujours pour l'écran. Comment faire en sorte qu'ils se comprennent lorsqu'ils doivent travailler ensemble ?
Ils n'ont pas la même expérience du web
En théorie, un webmaster professionnel est un habitué du web : il surf régulièrement et depuis longtemps, il connaît les différents type de sites web, il suit l'évolution des tendances graphiques, il s'intéresse au techniques de mise en page, il s'arrête sur les sites avec un design original, il apprécie les mises en forme bien pensées, il s'inspire de sites qu'il a rencontré, etc.Les graphistes "papier" étudient eux aussi les travaux de leurs consoeurs et confrères. J'ai pu voir des graphistes conserver des plaquettes ou des magazines parce qu'ils en appréciaient la charte graphique. Mais les graphistes qui travaillent toujours pour le papiers ont parfois du mal à cerner les différences avec les réalisations du web à l'inverse des graphistes polyvalents qui s'intéressent autant aux réalisations imprimées qu'aux réalisations du web. L'utilisation d'internet est même parfois très limitée chez certains graphistes...
Cette méconnaissance du web de certains graphistes fait que lorsqu'ils doivent concevoir une charte graphique pour un site internet, ils ont du mal à trouver l'inspiration. Ils appliquent parfois leur techniques de mise en page papier qui ne s'adapte pas toujours à un site internet et, ne connaissant pas les modes du web, ne parviennent pas toujours à transformer leurs idées.
D'autre part, ils n'ont pas en tête les éléments essentiels à intégrer à une mise en page de site : moteur de recherche, lien vers le formulaire de contact, chemin de la page courante, lien vers la page précédente, etc. Ce manque peut être comblé par une formation faite par le webmaster qui est conscient de l'importance de ces éléments pour une navigation efficace pour les internautes. Mais même lorsque le webmaster explique qu'il ne faut pas oublier ces outils, il est difficile de faire en sorte que cela soit en permanence à l'esprit du graphiste lors de ses réalisations.
Comment s'entendre sur un format ?
Pourquoi lorsque l'on demande à un graphiste de proposer une maquette pour un journal, une charte graphique pour un magazine, une mise en page pour une lettre d'entreprise, il fait quasiment toujours une réalisation à la française (portrait - vertical) et quand il doit travailler pour le web il fonctionne alors très souvent à l'italienne (paysage - horizontal) ?Je suis d'accord que les sites web sont prévus pour de l'affichage écran et que les écrans ne sont pas dans un format vertical, mais les sites - autres que ceux conçus dans un cadre bien défini en largeur et hauteur - ne sont ils pas extensible à la vertical ? Certains graphistes semblent avoir beaucoup de mal à comprendre qu'ils devaientt imaginer leur site à la vertical.
De la même manière, il est difficile de faire comprendre aux graphistes la notion de pixel. Ils ont pour habitude de travailler en centimètre alors que le webmaster défini la largeur de ses pages à 640, 800 ou 1024 pixels. Le graphiste a besoin de définir sa page pour pouvoir travailler. Comment lui faire comprendre que ça pourrait correspondre aux format A5, A4 et A3 ?
Comment faire prendre conscience des contraintes du web ?
Le graphistes travaillent souvent sur des logiciels de mise en page (Adobe Indesign, Quark XPress, etc.) ou des logiciels de création graphique (Gimp, Photoshop, Illustrator, etc.). Ils utilisent donc des techniques et des effets très nombreux. La mise en page avec les langages (x)HTML et CSS limite les possibilités du webmaster. Dans bien des cas, il faut contourner ces limitations.Certains adoptent la mise en page en tableau, d'autres utilisent les astuces du CSS, tandis que quelques uns intègre du JavaScript. Le fait que le choix des polices de caractères dépendant des polices installées sur la machine de l'internaute, oblige le webmaster à convertir certains texte (les titres en général) en image. De la même manière, la mise en page du web ne prévoit pas certains effets comme l'habillage de texte, l'ombre sur du texte, le redimensionnement d'images, et bien d'autres...
Les techniques du web se développent de plus en plus et apportent petit à petit des solutions à ces contraintes. Mais dans de nombreux cas, les webmasters préféreraient sûrement que les graphistes soient conscient de ces contraintes et proposent des chartes graphiques plus simple à adapter pour éviter bidouilles, surcharge de scripts, arrachage de cheveux, etc.
Conclusion
Ce billet a bien évidement pour but de mieux comprendre et d'améliorer la collaboration entre webmasters et graphistes et pas du tout de critiquer la méconnaissance du monde internet par ces derniers. Je serai très intéressée par des avis et des retours d'expériences de graphistes et de webmasters ou de tous autres métiers se rapprochant à la mise en page de sites web.Quoiqu'il en soit, malgré les difficultés qui se présentent parfois entre ces protagonistes du graphismes, il est toujours très agréable de travailler avec des graphistes compétents et talentueux qui ont souvent bien plus d'inspiration que les webmasters plutôt tournés vers la technique que le graphisme.
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Merci pour ton billet très clair et simple. Sur ce sujet, je t'encourage à aller sur le site du graphiste et typographe Peter Gabor qui s'intéresse aussi à ce type de sujet. Faudra fouiller pour retrouver , mais je suis certain qu'une discussion riche et intéressante en découlera.
Je suis graphiste et donc sensible à ce sujet. Je n'ai pas grand chose à dire sur le fond de ce que tu avance de la méconnaissance globale des graphiste et des DA sur la réalisation des sites internets.
Voici mon point de vue sur la question. Le graphiste et encore plus le DA se doit d'avoir, de cultiver une vision globale. pour se faire il doit avoir conscience de la spécificité et des contraintes du support sur lequel il travaille. Maintenant, je pose la question, doit il avoir les compétences du dev ? Je répond non, sinon, bien sûr, le graphiste ou la DA fait le dev..
C'est aussi au graphiste de se tenir au jus des évolutions et de faire de la veille techno. Perso quand je présente une conception de site, il y a concertation avec la personne qui le développera en amont. Je présente au client des écrans JPG et point barre. Une fois le projet validé je me retourne vers le technicien pour qu'il me précise le matos dont il à besoin pour monter le site. Puis c'est un ping-pong jusqu'à la fin du travail. Beaucoup de discutions pour solutionner ou contourner les problèmes surgissant en cours de réalisation.
Pour conclure, les deux métiers sont complémentaires et mutuellement enrichissant.
Enfin, maintenant je dis intégrateur web, ou webdesigner quand je veux me la péter un peu
En tout cas, moi je suis passé du print au web car j'en avait vraiment marre des différences de rendu entre les flasheuses
Le coeur du problème est pour moi dans la question posée par Seoul: «doit il avoir les compétences du dev?»
Le problème, c'est que la réalisation «technique» (au sens large) d'un site web, ça n'est pas que du développement, loin de là. Souvent, la partie développement est très réduite, et la mise en place du site repose sur l'intégration et la personnalisation d'un CMS (ce qui est un processus technique, mais pas du développement à proprement parler). Quant à l'intégration HTML/CSS/Javascript, c'est un sujet technique mais qui doit prendre en compte de nombreux facteurs que l'on néglige trop souvent: en particulier l'ergonomie et l'accessibilité.
Que le graphiste ait des connaissances de base des contraintes techniques du web (ou pour être tout à fait précis: du média screen -- le web ne se réduisant pas tout à fait à ça), c'est effectivement nécessaire. Mais faut-il qu'il ait aussi:
- des connaissances en ergonomie?
- des connaissances en accessibilité?
Là, on dépasse la question de la collaboration entre graphistes et webmasters. On doit rentrer dans les détails et affirmer, par exemple, que le «webmaster» ou le «webdesigner» n'existe pas, au sens où il n'a pas de profil déterminé.
En dehors du webmastering rédactionnel (faire vivre un site rédactionnel), à la technicité réduite, le webmastering recoupe (pas du tout dans l'ordre):
- la création graphique;
- le développement web;
- l'intégration HTML;
- à l'occasion, le développement Flash (ou autre techno);
- l'accessibilité;
- l'ergonomie;
- l'e-marketing;
- la communication;
- etc.
Donc la question du «qui fait quoi?» et du «qui a connaissance de quels enjeux et contraintes?» touche l'ensemble de la conception web, et pas uniquement la question des créations graphiques pour le Web.
Mais pour revenir au sujet de départ: je pense que le graphiste, dans l'idéal, devrait avoir une connaissance de base des contraintes techniques, mais aussi des aspects de l'ergonomie et de l'accessibilité numérique qui impactent son travail. Ce qui demande une certaine culture (et non pas maitrise) technique. Si celle-ci n'existe pas, ça sera au webmaster/concepteur web/intégrateur HTML/développeur de la communiquer autant que possible. Et si elle existe, le graphiste ne devra pas hésiter, face à un doute sur ces domaines, à poser la question: «est-ce que l'on peut faire ça?», «est-ce pertinent de faire ça?», «est-ce que ce sera accessible?».
Bien sûr, ça suppose qu'au moins une personne, webmaster ou graphiste, ait une bonne culture technique (ça on peut le supposer), mais aussi en ergonomie et en accessibilité (et ça, c'est tout de même plus rare!).
Aujourd'hui les métiers liés à Internet et tout ce qui est autour, design, developpement est saturé, il suffit de regarder les offres d'emploi dans cette branches, on cherche des graphiste webmasters dev connaissant tel ou tel language et encore davantage, blabla... avant on cherchait un graphiste ou un webmaster point...
Résultats les prix chutent, encore hier la création d'un site internet et son développement coutait entre 1000 euros et 5000 euros selon les agences, aujourd'hui les créateurs s'ils veulent tirer leurs épingles du jeu sont obligés de vendre leur âme en proposant des sites à des prix cassés..
A force de tirer les salaires vers le bas et d'en demander toujours plus aux jeunes designers diplomés qui pensent se faire un nom mais sur lesquels les agences se font surtout beaucoup d'argent...
Ces jeunes diplomés qui acceptent n'importent quoi, stages mal payés ou pas du tout, qui offrent parfois au nom de la gloire leur services ou leurs créations par concours gratuitement ou pour pas grande chose...
c'est devenu la star'ac des designers, à son instar certaines agences sont devenu des vraies usines à pomper le fric des clients pour n'en reverser qu'un infime partie à ces propres graphiste, webmasters... bienvenue dans le bazarland de la création numérique
moi j'ai jeté l'eponge j'ai changé de métier, considérant le graphisme et la création de site internet toujours comme une passion mais plus comme un métier à part entière..
c'est dommage j'ai le sentiment parfois qu'on a vraiment tuer la poule aux oeufs d'or, mais j'essaie de m'adapter...