2009, l'année du four à bois
Publié le jeudi 31 décembre 2009 dans Ma mèche - lu 1024 fois
Voilà bientôt un an que mon Paulo a disparu. Son départ m'a poussée à reprendre le flambeau pour conserver la tradition du pain, des brioches et des galettes cuits au four à bois. Le four que Paul utilisait, qui appartient à mes voisins, est situé juste en face de chez moi ce qui est bien pratique. Mais j'ai dû apprendre, m'équiper et surtout pratiquer, tout en faisant équipe avec Nanou ma voisine. À nous deux, nous formons un duo de boulangères de choc, il faut dire qu'on a eu de quoi mettre la main à la pâte cette année...
Février
À peine remises de la mort de Paul, nous nous essayons à la confection de pâte et la cuissons au four à bois avec l'aide de Roland, un de ces amis qui l'aidait souvent. Il a lui aussi un four et du matériel qu'il met à notre disposition. Première expérience encourageante sous l'œil de notre Paupaul que l'on imagine bien gueuler à la moindre erreur comme il s'avait le faire.
Mai
Après deux mois de déplacement à l'étranger, j'investi dans un pétrin et du matériel de boulangerie puisqu'il n'a pas été possible de racheter celui de Paul. Nous faisons deux nouvelles fournées afin de s'assurer que nous serons rodées pour la fête du village. Une fournée trop cuite, l'autre pas assez, on devrait être au point la prochaine fois.
Juin
Comme chaque année, mais pour la première fois sans Paul, nous préparons trois fournées de pains, autant de brioches et environ 150 galettes. La cuisson n'est pas tout à fait régulière d'une fournée à l'autre mais aucune perte n'est à signalée et tout est vendue dans la matinée.
La semaine suivante, pour la fête de la musique, on remet ça avec une cinquantaine de galettes à l'oignons et pizzas pour organiser une buvette à la sortie du concert d'une chorale qui chante dans l'église du village.
Juillet
Je prépare 30 miches de pain et 30 brioches pour les repas des bénévoles du festival de ma belle sœur. Je commence à être au point. Néanmoins, je fais un "stage" chez mon anciens beau-père qui fait lui aussi sont pain au feu de bois. Son pain est tellement bon que je souhaite découvrir sa recette. Il apprécie grandement que je me passionne pour la conservation du four à bois.
Août
De passage chez mon oncle dans l'Aveyron, je fais une petite fournée dans son four à bois laissé à l'abandon avec du matériel improvisé. Je fais la pâte à la main ce qui la rend moins aérée mais c'est bon quand même.
De retour chez moi, à la demande d'une association qui sollicitait Paul chaque année, j'aide à la confection de pâte et à la cuisson de 200 pains, 200 brioches et 200 galettes. Je découvre la cuisson au four à bois professionnel d'antan, un four à gueulard de 4m. À cette occasion je rencontre un beau jeune homme qui s'installe comme paysan boulanger dans le coin. Il cultive son propre blé bio et se prépare à ouvrir un magasin dans les mois à venir pour vendre son pain cuit au four à bois.
La semaine suivante, pour la préparation du repas communal annuel, je reforme mon duo avec Nanou pour cuire quelques galettes à la crème et surtout trois jambons fourrés au beurre d'escargot. Évidement je fais aussi du pain avec la recette de mon ex beau-père. La pâte est trop liquide, les pains sont plats mais tout le monde adore
Septembre et octobre
Il m'aura fallut quelques mois pour être rodée. J'arrive à me débrouiller sans Nanou mais je préfère quand on travail ensemble car on est assez complémentaires. On allume le four environ toutes les 3 semaines. Pas question de s'y mettre toutes les semaines comme le faisait Paul, c'est quand même du boulot !
Novembre
Chaque année Paul faisait aussi des galettes à la crème pour le loto de l'ADMR. Nanou qui y est bénévole m'a donc sollicitée pour que l'on conserve ce "gouter". Cuire une quarantaine de galettes en deux heures, facile
Décembre
J'allume le four sous 20cm de neige pour une fournée habituelle accompagnée de deux poulets pour la famille qui vient manger à la maison. La veille, j'avais préparé de la pâte à brioche pour l'association qui m'a sollicitée cet été. Il veulent faire une trentaine de galettes à la crème qu'ils souhaitent offrir avec un verre de vin chaud à la sortie du concert de la chorale qui chante dans leur abbaye. Je me retrouve évidement aussi à faire la cuisson dans leur four.
Et pour 2010 ?
Ca risque d'être tout aussi chargé… En janvier je dois faire une fournée pour un repas de 80 personnes, en juin et août on reprend la fête du village et le repas communal et entre temps j'allumerai surement le four sans occasion particulière. De plus, en juillet, le Tour de France va passer devant chez moi, ce sera l'occasion de vendre de la marchandise
L'aide que j'apportais à Paul jusqu'à l'année dernière s'est donc transformée en véritable passion. J'ai pourtant toujours vu ma mère faire son pain sans pour autant m'y intéresser. Paul m'a transmis involontairement un savoir-faire qu'il me parait important de conserver. De plus, ce qui est très agréable dans cette tradition, c'est le lien social que cela créé. À chaque fois que je prévois d'allumer le four, je passe quelques coups de fils pour prévenir les adepte de pain artisanal. Les galettes à l'oignons fédèrent alors rapidement une dizaine de personnes qui trinquent à la santé de Paul.
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Tu m'a déjà appris à poser du placo. C'est la suite logique...
En cas de brûlure vous aurez une infirmière dans vos connaissances....
Je n'ai que mes modestes compétences de boulangère et suis très limitée dans la maçonnerie. Je vous invite donc à poursuivre vos recherche sur Google.
Bonne continuation