Faut-il sauver le soldat Éric Dupin ?
Publié le vendredi 28 mars 2008 dans Mes boucles - lu 820 fois
Éric Dupin, bloggeur influant grâce à Presse Citron, a été condamné cette semaine à 1 000 € de dommages et intérêts et 1 500 € de frais de justice, à cause d'une information rumeur au sujet d'Olivier Martinez ayant circulé sur son site Fuzz.fr. J'ai jusqu'à présent gardé le silence quant à cette affaire, et me suis bien gardé de critiquer Olivier Martinez et Éric ou même de faire figurer sur mon site la bannière de soutient à l'accusé. Maintenant que le verdict est tombé et en voyant les réactions, je me permet maintenant d'exprimer mon point de vue.
La condamnation est elle exagérée ?
Rappelons que le plaignant à demandé 30 000 € et qu'il n'aura finalement obtenu que 1 000 €. Il est évident que c'est déjà bien trop par rapport à la nature de l'information de très haute importance révélée mais avouons que pour Éric, c'est tout de même plus rassurant que si il avait dû payer plusieurs fois cette somme, voir même la totalité du montant requis.Notons tout de même qu'Éric a été condamné en tant qu'éditeur du site et non pas en tant que "diffamateur" ce qui semble normal car en aucun cas il est à l'origine de la rédaction de la fameuse nouvelle. Alors, nous autres, internautes assidus, nous savons bien qu'en fait, Fuzz n'est pas éditeur mais un agrégateur de contenu. Mais la justice, elle, que comprend-elle à cela ? Et finalement, celui qui diffuse l'information n'est il pas un peu complice de la diffamation ?
Je crois que que lorsque l'on souhaite être à la tête d'un des plus important agrégateur de contenu français, il faut accepter d'assumer les risques que cela peut représenter. Alors même si cette condamnation peut sembler disproportionnée par rapport à la gravité du préjudice, il faut la relativiser.
A qui profite le crime ?
Est-ce Olivier Martinez qui est vraiment gagnant dans l'histoire ? Ces dernières semaines, Éric passe pour la victime et le plaignant pour le méchant acteur qui ne connait même pas internet. Conclusion, qui se fait de la publicité autour de cette affaire et en sort grandi ? Éric Dupin. La preuve en est toutes les promesses de dons qu'il refuse (ce qui le grandit d'avantage) pour l'aider à acquitter sa condamnation.Éric était déjà très connu dans la blogosphère et peut se targuer d'avoir une bonne réputation auprès des internautes et plus particulièrement des geek. On lui adresse des billets d'encouragement, on lui concocte une bannière de soutien, on en parle dans la presse, à la télé, il est interviewé ici et là, etc. Tout ce brouhaha est bénéfique pour Éric, cela lui rapporte du trafic sur ses sites et va augmenter ses revenus publicitaires qui ont déjà de nombreuses fois fait polémique. Sans compter que le bloggeur envisage aujourd'hui de mettre des t-shirts à la vente pour compenser les frais qu'il doit payer.
Au final, si Olivier Martinez n'est pas à plaindre parce qu'il ne dors pas sur la paille, je pense qu'Éric ne l'est pas non plus à un moindre niveau. Je pense qu'Éric aura les moyens de s'acquitter de cette amende et j'espère pour lui que ça ne lui portera pas de préjudice financier. Je lui souhaite même d'en tirer des bénéfices et qu'il investira dans un hébergement plus puissant parce qu'hier, son site était out (ce sont les cordonniers les plus mal chaussés...)
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Sinon sur le fond j'avais répondu sur son blog en disant que j'approuvais sa prise de position (ça c'était avant ma condamnation, je donnais encore un certain crédit à O. Martinez
En revanche j'ai répondu en détail par mail à Vinvin et nous avons échangé en privé sur le sujet.
Fait-on un procès à quelqu'un qui, dans un bar, face à un public de quelques inconnus, parle de la vie privée des stars ? Car c'est l"équivalent, en audience, d'après ce que j'ai pu lire, de l'audience de certains blogueurs condamnés pour avoir publié un tel billet, et probablement de l'audience que le lien incriminé ici a dû obtenir sur Fuzz.fr...
Encore plus agaçant, aux yeux des blogueurs, est le fait que l'intéressé ait semblé préférer de s'attaquer à des individus et entreprises n'ayant pas l'arsenal juridique d'un Google, alors que celui-ci pouvait lui aussi être poursuivi pour les mêmes faits, et que l'avocat du plaignant prétend que puisque Google filtre le contenu pédophile (moi, je ne me risquerais pas à de telles affirmations, car j'ignore tout des algorithmes de Google qui les as toujours gardés secrets, et je vois mal, entre nous, comment Google pourrait filtrer ce type de contenu avec 100 % de réussite), il peut aussi traiter le contenu diffamatoire ou touchant à la vie privée des gens (alors que même des jugements peuvent être cassés en appel, alors comment un moteur de recherche automatique peut-il prendre de telles décisions ?)
Mais au fond, cette affaire est celle qui fait prendre conscience à tous que... chacun d'entre nous peut se retrouver face à un juge et devoir se justifier de ce qu'il a dit ou laissé entendre, face à des professionnels du droit, et alors que les individus ou TPE classiques qui se sentent directement menacés par de telles affaires, n'ont l'habitude de se protéger juridiquement contre d'éventuels abus...